Trois livres estivaux

by - mardi, juin 27, 2017


Histoire de bien se préparer pour les vacances ensoleillées je vous propose un nouveau rendez-vous que j’ai mis du temps à élaborer ; grâce à Histoire Vermoulue et ses listes thématiques j’ai voulu reprendre la même chose à ma sauce, quatre livres vous seront conseillés suivant un thème.

 Aujourd’hui l’astre éclaire les pupilles, enjolive les villes, les rues pavés, la chaleur se miel sur la peau dorée, rien de tel qu’une humeur joyeuse pour se mettre en condition et apprécier les trois mois de saveur délicate. Et pour ceux qui ne partirai pas en vacances, travaillant pour gagner des sous, les livres sont vos meilleurs amis !


Je me souviens de ce livre, la couverture, ce tableau chatoyant, attirant mes orbes gourmandes, dans une période de classique, intéressée par la mythologie grec et romaine, pour augmenter ma culture également, j’ai été surprise par la qualité de ce recueil. La poésie englobe les phrases, Ovide peint le monde, son époque dans la délicatesse de traits merveilleux.
Les métamorphoses transmettent des légendes, des mythes, tisse les histoires à la manière d’une mille et une nuit où la chaleur s’étend, s’enflamme, massacre les passions, châtient les vices. Histoires de Dieux vengeurs se servant de leur pouvoir par jalousie ou désir d’égo, histoires de princesses sublimes prisent dans la tourmente d’une destinée implacable (Mhyrra et son amour malsain pour son père), les amours terribles d’Hades pour la jolie Persephone encore jeune, nubile, vierge de satin enlevée sous les cris de ses sirènes incapables.

Ça vibre de vie, ça tournoie de beauté magique, on ouvre le livre et les mœurs antiques se dessinent sous nos yeux, les filles alors se sentiront quelques fois très mal quand elles liront les phrases semblant banales quand monsieur l’auteur se permet d’écrire naturellement que les guerriers prennent de force si nécessaire la dignité féminine.  



Réticente à m’attacher aux contemporains, à cette époque, superficielle concernant les couvertures (j’avais mon schéma très drastique : jolies portraits ou images poétiques perçant l’imagination, narguant la débauche de jolis moments de lecture), j’ai tenté Malavita.

Quelle belle surprise !

Famille atypique de mafieux déchus, fuyant, chutant dans une ville de Normandie alors qu’ils possédaient la ville de New-York, l’auteur dédramatise par cette excuse de l’illégal, permet de s’immiscer dans le rire, le grotesque, le potache. Véritable comédie où j’ai ris, j’ai ris ! Les personnages attachants, toujours des pensées en décalage avec notre société, l’auteur s’amuse à prendre à contre-courant ce qui aurait dû être un livre dramatique. Lui il parodie pour notre plus grand bonheur et nos plus grandes larmes de fou rire. Je me souviens encore des scènes, surtout celle du barbecue où le père (s’ennuyant mortellement apprend à lire) ne s’adapte pas aux déjeuners où le voisinage et les amis sont conviés. Les quatre membres : le père, la mère, la fille et le garçon possèdent tous leurs personnalités aguerries, stéréotypes détruits. J’ai adoré, je n’ai pas pu lâcher le livre jusqu’à la fin. Je vous déconseille le film de Luc Besson par contre.


Hérité de ma mère qui en avait été amoureuse durant sa jeunesse, Les coloriés d’Alexandre Jardin exerçait sur moi une curiosité proche de l’engouement passionné quand je l’ai eu entre mes mains. Ni une, ni deux, la première m’a happé. Et la narration tout entière, puis le style, les phrases, la plume de l’écrivain. Les idées développées. Sur mon compte Sens Critique je lui ai mis la meilleure note pratiquement car ce fut un coup de cœur monumental.

Par ses personnages Dymphné et le narrateur, j’ai pris conscience que l’enfance, cet âge béni des dieux, était cette sensation de liberté, d’insouciance que je n’ai jamais pu gouter auparavant. Il a une valeur sacrée dans mon cœur car, grâce à ce roman, j’ai pu toucher du doigt quelques idées importantes de l’enfance. La spontanéité, la franchise, l’amusement, l’inconscience du réel, l’imagination fantastique. Réécriture de Peter Pan, il regorge de référence, Alexandre Jardin a transformé les cultes en sa propre vision. L’île devient merveilleuse, les personnages l’y habitant également. On aimerait s’y noyer, se cacher, ne plus retourner à cet espace vide de règles et de monotonie.


Ces trois livres sont des perles de bonne humeur (sauf pour Les Métamorphoses qui est beaucoup plus contemplatif, à lire près d'un ruisseau, éloigné de tout, en communion avec la nature) idéal pour les vacances, trois mois sous le soleil baigné de chaleur. 

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15 commentaires

  1. Merci pour tous ces conseils, je vais aller regarder ça de plus près :)

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    1. Je pense que les trois te plairaient ! En tout cas Malavita et Les coloriés sont de jolis petits joyaux que j'ai envie de conseiller à tout le monde.

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  2. Tout petit couac que je relève au début de ton article, tu parles de 4 livres que tu présentes suivant un thème, alors qu'au final il s'agit de trois, voilà voilà ! ( désolée de faire la tatillonne mais c'est juste une p'tite faute d'inattention j'imagine. ^^ )

    J'avais déjà entendu parler de Malavita et il m'intrigue assez. Alexandre Jardin est un auteur que je me dois absolument de découvrir, je crois que je l'ai découvert grâce à U Lost Control si je ne me trompe pas, du coup il faut vraiment que je me penche dessus !

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    1. Au début je voulais sélectionner quatre livres... puis je me suis dis que ça faisait trop et je n'ai pas pensé à me relire x), je ne me relis jamais j'ai trop peur de tout effacer sinon.

      Malavita ça a été une magnifique surprise qui m'a beaucoup amusé et fait réfléchir sur le statut d'écrivain. Les personnages sont super attachants, surtout le père. Oui U lost Control a fait tout un article sur Alexandre Jardin que j'ai beaucoup apprécié aussi !

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  3. Pour Malavita, il y a une suite! (tb aussi)

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    1. Oui j'ai lu la suite mais elle m'a moins marqué que le premier tome... sauf le moment où il réfléchit sur sa lecture de Moby Dick, je ne sais pas pourquoi mais ce passage m'a fait rire et en même temps m'a fait réfléchir.

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  4. C'est rare de trouver des recueils de mythologie bien rythmés et lyriques, à moins d'aller dans la section enfant et prendre une version abrégée. J'ai essayé la Prose Edda (mythologie norse), mais le style était trop lourd, académique.

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    1. Ah l'Edda je voulais le lire aussi, j'ai une amie qui était une vraie encyclopédie concernant la mythologie nordique et grâce à elle j'aime beaucoup cette culture. Les métamorphoses c'est un recueil qui me fait rêver, j'en relis quelques fois des passages rien que pour m'enivrer de beaux paysages et de la chaleur antique.

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  5. Tu viens de m'intriguer pour Alexandre Jardin car je n'en ai pas entendu que du bien, donc pourquoi pas un jour ! Je crois que le meilleur moyen de me faire une opinion dessus, c'est comme tout, c'est de le lire ;)

    En tout cas, c'est une chouette idée cet article :)

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    1. Je pense que tu vas adorer Alexandre Jardin, on ne peut que l'aimer car il donne de la vie, du courage, des réflexions, du bonheur... Bref j'ai été tellement amoureuse de son talent, surtout avec Les coloriés et Mademoiselle Liberté.

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  6. Trois livres que je n'ai jamais lus, intéressante sélection !

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    1. Si tu les lis un jour j'ai hâte de découvrir ce que tu as pensé d'eux !

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  7. Je suis contente de t'avoir "inspirée" !
    Je n'ai lu aucun des trois livres mais les coloriés me tentait depuis longtemps, il faut que je mette la main dessus.

    Merci pour cet article :)

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    1. Oui j'avais vraiment envie de faire ce genre de rendez-vous même si je pense que ça ne sera pas souvent (quoi que c'est super bien pour rattraper ses chroniques en retard). J'espère qu'ils te plairont, grâce aux trois j'ai passé de super bons moments !

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  8. Bon,je sens que le roman "Les coloriés" va finir dans ma PAL. Tant d'engouement, c'est communicatif !

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